Les équivalences entre les tailles

Le tableau des tailles sœurs, en tailles britanniques

Je l’ai déjà dit dans un autre article, mais on ne le répète jamais assez : associer un bonnet à une taille de seins, c’est débile, faux et ça rend les seins malheureux.

Il existe un concept assez simple qui régit les tailles de soutien-gorge : les « sister sizes » (ou « tailles sœurs » en français (je me sens si utile avec ce genre de traductions)). L’idée, c’est qu’il existe plusieurs volumes de bonnets disponibles et que, pour chaque volume, il y a une multitude de tailles jumelles qui diffèrent uniquement par la largeur du dos.

Je vous ai concocté un équivalent de ce tableau avec les tailles françaises, parce que je suis quelqu’un de très engagé.

Le tableau des tailles équivalentes, en français svp

Le tableau des tailles équivalentes, en français svp. (Par contre j’ai l’impression que ça rend très flou, donc clique clique clique dessus pour le voir bien clairement.)

En haut, vous voyez la différence (en pouces) entre le dessous du buste et les seins. A droite, vous voyez les différents volumes de bonnets en centimètres cubes.

J’aime bien ce tableau car il permet de bien comprendre à quel point cette histoire de « olol un bonnet D c’est énorme » est pleine de connerie. Sur ce tableau, on voit bien qu’un bonnet D peut aller de 230 centimètres cubes à 2060 centimètres cubes. Et encore, je n’ai même pas intégré les tailles très petites ou très grandes, si on veut s’amuser on peut aller jusqu’au 65D (180 centimètres cubes) ou au 135D (2340 centimètres cubes). Il y a quand même une sacrée différence entre les deux.

On peut également utiliser ce tableau pour se rassurer après avoir mesuré sa taille. C’est souvent un choc de découvrir qu’on fait un bonnet E ou plus, ça peut sembler un peu surréaliste. Quelqu’un qui a une petite poitrine aura du mal à croire qu’elle peut faire un 75C, parce qu’un C peut paraître gigantesque quand on s’est résigné à porter du A toute sa vie. En réalité, c’est simplement l’équivalent d’un 85A avec un plus petit tour de dos, ce qui n’a rien d’exceptionnel ni de monstrueux.

La première fois que je me suis mesurée, quand mes 90C devenaient trop petits, j’ai calculé que ma taille devrait être un 80F. Ma première réaction a été « Haha un bonnet F lolnon n’abusons pas ». Sauf qu’il s’agit d’une taille équivalente au 90D, plutôt logique pour quelqu’un de trop grand pour du 90C.

Pour moi, ce tableau est une des ressources les plus importantes qui soient en matière de soutien-gorge, alors n’hésitez pas à vous en servir souvent.

Convertir sa taille britannique en taille française

Voilà un tableau (enfin, deux tableaux) pour vous aider à convertir votre taille britannique en taille française.

Attention aux tailles de bonnet. Je donne ce tableau à titre indicatif mais on peut considérer que, au-delà du bonnet G français, c’est complètement la merde. Même pour les bonnets plus petits, il n’y a aucune espèce de cohérence entre les marques. La plupart ont une progression dans les bonnets telle que je la décris dans les tableaux ci-dessous, mais certaines marques françaises utilisent les double-bonnets, comme les britanniques. D’autres encore n’utilisent pas de double-bonnets, sauf pour le DD et ont donc une projection A-B-C-D-DD-E-F-G-H. D’où aussi l’intérêt d’utiliser la taille UK, qui a l’avantage d’être plus standardisée.

En fait, pour la plupart des tailles, ce tableau est juste pour le fnu, parce que de toute façon (quasi) aucun vendeur français ne les a en magasin. Mais c’est toujours intéressant de savoir et de pouvoir comparer sa nouvelle taille et son ancienne taille.

Taille UK

Taille FR

24

65

26

70

28

75

30

80

32

85

34

90

36

95

38

100

40

105

42

110

44

115

46

120

48

125

50

130

 

Bonnet UK

Bonnet FR

AA

AA

A

A

B

B

C

C

D

D

DD

E

E/DDD

F

F

G

FF

H

G

J

GG

K

H

L

HH

M

I/J

N

JJ

O

K

P

KK

Q

L

R

(Non, il n’y a pas de bonnets I, ne me demandez pas pourquoi.)

(Putain, les tableaux ça rend moche sur WordPress, il faut vraiment que je remédie à ça.)

Étape 1 : Prendre ses mesures

Pour écrire cet article, j’utiliserai le guide de /r/ABraThatFits, qui est très complet et très bien écrit, ce qui veut dire qu’il n’y aura pas beaucoup de valeur ajoutée par rapport au matériau de base. Je m’en excuse par avance, mais je pense qu’il est quand même intéressant d’avoir un article en français sur le sujet. Faites attention, c’est un très gros morceau et ça a l’air compliqué, mais une fois qu’on a compris la méthode c’est très simple. Je me mesure une ou deux fois par mois et ça me prend cinq minutes. Mais la première fois, il faudra surement se concentrer et prendre son temps. Courage.

Sortez les rubans

Bon, maintenant on arrête de parler et on mesure. Pour cela, munissez-vous des ingrédients suivants :

–        Un bout de papier et un crayon pour noter les mesures obtenues, ou bien un téléphone ou un ordinateur si tu sens que tu fais partie de la génération digitale avec des doigts, ou même rien du tout si tu te sens assez malin pour tout retenir par cœur, JE M’EN FICHE, TU FAIS COMME TU VEUX, CE SONT TES SEINS.

–        Un mètre ruban. En pouces, c’est mieux. Si vous n’avez que des centimètres, prenez les mesures en centimètres puis convertissez-les, ce sera un peu plus long mais c’est pas bien grave.

Si vous n’avez pas de mètre-ruban, la meilleure alternative est d’utiliser un ruban non élastique ou un câble quelconque et une règle graduée. C’est moins précis et plus laborieux, mais je peux affirmer d’expérience que c’est pas si mal. Et c’est définitivement mieux que rien quand on n’a pas envie d’attendre que son mètre-ruban acheté 0,99$ à un revendeur chinois sur eBay arrive dans la boîte aux lettres.

–        Des seins, nus. On ne mesure pas à travers un soutien-gorge, ni à travers son chemisier, ni à travers sa doudoune. Si tu as besoin d’aide pour prendre tes mesures, il faut donc que la personne chargée d’aider ait le droit de voir tes seins. Aucune dérogation ne sera accordée.

Qu’est-ce qu’on mesure ?

Il y a cinq mesures à prendre. Toutes ne vont pas forcément servir par la suite, mais dans un premier temps il est préférable de toutes les prendre.

1)      Le dessous du buste, juste sous les seins, assez serré mais pas au point de devenir inconfortable.  C’est la mesure la plus importante alors fais ça bien, d’accord ?

2)      Le dessous du buste encore, mais en serrant le mètre le plus possible, les poumons vides. Sur ABTF, on surnomme cette mesure le BTT, pour « Break The Tape », c’est-à-dire la plus petite mesure possible avant que le mètre n’explose ou ne fusionne avec votre cage thoracique.

3)      Les seins, en position debout.

4)      Les seins, en position penchée, le torse parallèle au sol. Oui, cette étape donne l’air un peu idiot, au cas où vous vous poseriez la question.

5)      Les seins, en position allongée. Pour cette étape, mieux vaut s’aider d’un miroir pour bien s’assurer que le mètre est perpendiculaire au sol.

(Marquez bien à quel numéro correspond quelle mensuration, ça vous servira par la suite quand vous serez embourbés dans les calculs.)

Petit guide visuel au cas où tout cela ne serait pas très clair

Interpréter les résultats

[EDIT DU 7 MAI 2014 : Il existe maintenant un calculateur pour ceux qui ont la flemme de faire des opérations mathématiques simples (et pour les autres aussi) ! Yay ! Il est imparfait, je trouve qu’il a par exemple la fâcheuse tendance à conseiller des soutiens-gorges trop serrés pour les petits dos. Mais c’est le calculateur le plus abouti et le plus efficace à ce jour. En plus, la charmante personne qui l’a mis au point le met à jour régulièrement et a pour projet de continuer à l’améliorer, donc c’est super cool. Si vous devez utiliser un calculateur, utilisez celui-là et n’utilisez que celui-là.]

C’est là que ça devient casse-pieds, alors accrochez-vous.

Avant de continuer, vérifiez si vous remplissez l’un des critères suivants :

– Le dessous du buste serré (mesure n°2) mesure plus de 36 pouces.
– Le dessous du buste serré (mesure n°2) mesure plus de 32 pouces ET il existe une différence de plus de 9 pouces entre le dessous du buste et le buste (en prenant n’importe lesquelles des mesures).

Si vous remplissez l’un de ces critères (ou les deux), ça peut être compliqué et on utilise une méthode un peu modifiée, j’en parlerai plus tard dans le billet.

Si vous ne remplissez aucun de ces critères, alors on continue ! Youpi !

Le nombre

Pour déterminer la lettre de votre taille de soutien-gorge, prenez la mesure n°1 (le dessous du buste pas trop serré) et arrondissez-la au nombre pair le plus proche.
Par exemple, pour une mesure de 31.25″, on obtient théoriquement un tour de dos de 32.

Si vous êtes pile à mi-chemin entre deux nombres pairs ou que vous ne savez pas si ce serait mieux d’arrondir au nombre pair supérieur ou inférieur, il y a plusieurs choses à noter.
D’abord, il faut savoir qu’il est très fréquent que les personnes ayant un petit tour de dos (32 ou moins) doivent prendre une taille plus large pour des raisons de confort. Par exemple, quelqu’un qui aurait un tour de dos de 28.5″ est plus proche de 28 que de 30, mais il y a de fortes chances qu’un 28 lui fasse mal et qu’un 30 lui aille. On pourrait même envisager un 32, surtout si la personne n’a pas l’habitude des soutien-gorge au maintien ferme. Globalement, s’il y a très peu de différence entre vos mesures n°1 et n°2, il vaut mieux arrondir au-dessus. Quand il y a plusieurs pouces de différence, la bande peut se poser sur un petit coussin de chair sans trop faire mal, mais quand il y a une différence faible, il y a un risque que les baleines rentrent dans les côtes. Et ça fait mal. Donc mieux vaut ne pas trop serrer.
A l’inverse, pour les tours de dos plus grands (36 et plus), il est parfois mieux d’arrondir à un tour de dos inférieur car les bandes plus grandes sont plus élastiques et, à force, le soutien-gorge risque de devenir trop grand et d’offrir moins de maintien.

La lettre

Avant de déterminer la lettre qui ira derrière ce nombre, il y a encore une question à se poser (oui, encore, je sais, il aurait mieux valu faire un organigramme géant avec des flèches, mais il est trop tard maintenant, alors tu dois lire jusqu’au bout).

Y a-t-il une différence supérieure à 2 pouces entre la mesure du buste debout (n°3) et penché (n°4) ?

Si oui, prenez la moyenne de ces deux mesures pour calculer votre taille de bonnet.
Si non, utilisez la mesure du buste en position penchée (n°4) pour calculer le bonnet.

Maintenant, prenez ce nombre et soustrayez-lui la mesure n°1 (celle du dessous du buste confortablement serré, la mesure brute et non le tour de dos déterminé durant l’étape précédente).

C’est la différence entre ces deux nombres qui va déterminer votre bonnet.

Différence <1” 1” 2” 3” 4” 5” 6” 7” 8” 9” 10” 11” 12” 13” 14” 15”
Taille de bonnet AA A B C D DD E F FF G GG H HH J JJ K

Dans mon cas, je prends ma mesure n°4 et je lui soustrais ma mesure n°1 : 35″ – 27″ = 8″, ce qui me donne un bonnet FF.

Maintenant, on combine le nombre et la lettre, et on a une taille ! Merveille et joie !

Et les autres ?

Enfin, il faut quand même qu’on s’intéresse à ceux que j’ai abandonné après la prise des mensurations. Donc, si vous entrez dans l’un des critères dont je parlais tout à l’heure, cette méthode ne marche pas bien. Il faut utiliser une méthode détournée : on détermine une première taille, qui ne sera pas la bonne mais permettra de déterminer le volume du bonnet. A partir de ce volume, on peut trouver une taille adaptée. Cette méthode n’est pas celle qui convient à ma poitrine, j’ai vu des femmes l’appliquer sur d’autres femmes et avoir des résultats cohérents, mais je n’ai jamais eu l’occasion de la tester et je ne sais pas si elle fonctionne vraiment bien. Je ne garantis donc pas les résultats, mais je préfère quand même la donner pour ne pas laisser dans l’embarras ceux pour qui la première méthode ne fonctionne pas.
Il faut utiliser la mesure sous le buste pas trop serrée (n°1) pour avoir un tour de dos. Ensuite, on utilise soit la moyenne de 3 et de 4, soit 4 pour calculer le bonnet selon les mêmes instructions que pour la méthode classique. Enfin, à partir de cette taille temporaire, il faut trouver la taille qui correspond au même volume, mais pour le tour de dos très serré (n°2). Pour cela, il faut se référer à ce tableau. Par exemple, si la mesure n°1 est de 44″, avec un bonnet FF, mais que la mesure n°2 est 38″, il faut trouver l’équivalent en volume du 44FF, mais pour un tour de dos de 38, ce qui nous donne du 38H.

C’est compliqué. Je sais.

Et c’est pas fini.

La taille obtenue ainsi n’est qu’un point de départ. Pour trouver un soutien-gorge qui convient réellement, il faut essayer, se planter, réessayer et ainsi de suite. Pour ma part, j’ai eu le bol de trouver un soutien-gorge correct du premier coup, mais j’ai vu des femmes dire qu’elles avaient dû faire dix-huit essais avant de trouver leur bonheur. C’est pas des conneries. La forme de la poitrine est aussi déterminante que la taille dans la façon dont un soutien-gorge se comporte, sans compter que chaque fabricant traite les tailles à sa sauce. En fait, c’est assez rare de faire toujours la même taille partout. Et si vous trouvez le soutien-gorge de vos rêves et portez un soutien-gorge parfait pendant quelques semaines, votre taille risque de changer. Oui. Avoir des seins est un calvaire sans fin, mais on y prend goût.

Étape 0 : Quelques précisions avant de se mesurer

Je voudrais lancer une série d’articles sur le chemin à faire pour trouver sa taille de soutien-gorge, mais avant j’aimerais faire un billet préliminaire, une sorte d’avant-propos.

Pourquoi changer de taille de soutien-gorge ?

C’est à mon sens la question la plus importante, et la réponse est : parce que ça ne va pas. Je préfère le dire tout de suite, si vous portez des soutien-gorge qui vous conviennent, il vaut mieux ne pas en changer. Vous pouvez prendre vos mesures juste pour voir et tomber sur une taille totalement différente de celle que vous possédez actuellement, ce n’est pas forcément une raison suffisante pour changer. Beaucoup de femmes ne sont pas satisfaites par la façon dont les soutien-gorge qu’elles achètent en boutique leur vont, parce qu’elles ne reçoivent pas assez de maintien, que les bretelles glissent sans cesse, que la bande remonte dans le dos ou que sais-je encore. Mais bien d’autres femmes portent des soutien-gorge qu’elles trouvent chez H&M, Etam ou ailleurs et qui leur conviennent, même si la taille n’est pas 100% optimale. Tout le monde n’a pas besoin d’un soutien-gorge 100% optimal, certaines poitrines sont plus facile à accommoder que d’autres, et si vous avez déjà ce qui vous convient dans votre tiroir, personne de sensé ne vous forcera à changer de taille.
En revanche, si vous sentez que quelque chose ne va pas au niveau de vos soutien-gorge, ça vaut vraiment le coup d’essayer de trouver mieux. Quand on s’intéresse un peu au sujet, on tombe souvent sur des témoignages un peu tristes de femmes qui disent : « Les vendeuses de lingerie m’ont engoncé dans du 105C durant des années, je voulais passer par une opération de réduction de la poitrine tellement j’avais mal au dos, mais depuis que je porte des soutien-gorge en 95K je n’ai plus du tout mal et je n’ai plus du tout envie de me faire opérer ». CECI ME REND TRÈS MÉCONTENTE CAR JE VEUX QUE TOUS LES SEINS SOIENT HEUREUX, D’ACCORD ? Trouver un soutien-gorge à la bonne taille peut être un processus très long et très laborieux, mais ça peut vraiment en valoir la peine.

La lettre n’a aucun sens sans le chiffre. Aucun. Vraiment aucun.

Pour trouver ce fameux soutien-gorge à la bonne taille, il faut prendre ses mesures. Vous n’irez nulle part sans vos mesures. Nulle part. Il existe des gens un peu casse-pieds qui se vantent de savoir deviner la taille de soutien-gorge des filles et, si vous en avez rencontré, ils ont sûrement tenté de deviner la vôtre sans que personne ne le leur ait demandé, semant le malaise en criant sur tous les toits que « cette fille, je suis sûre qu’elle fait du C ». Dans le monde des soutien-gorge à la bonne taille, ces gens, en plus d’être lourdingues, sont des ennemis.

Déjà, à moins d’avoir une expérience folle dans la lingerie, et encore, une taille de soutien-gorge ne se détermine pas au doigt mouillé.

Ensuite, il faut bien se mettre en tête une chose très importante : « faire du C », ça ne veut rien dire. Mais alors, vraiment rien du tout. Dans la tête de pas mal de gens, y compris certaines personnes dont commercialiser de la lingerie est le métier, un bonnet A est minuscule, un bonnet B est petit, un bonnet C est moyen, un D est gros et tout ce qui est supérieur se situe dans le domaine des poitrines énormes de matrones avec des pastèques mutantes à la place des seins.

Il faut vraiment, vraiment s’ôter cette idée de la tête. Un bonnet détermine la différence entre la mesure sous le buste et la mesure au niveau des seins. C’est tout. Il n’y a aucune expression de volume derrière. Alors oui, un 90C sera plus petit qu’un 90H, mais c’est la seule indication. Un bonnet E peut être plus petit qu’un bonnet B, ça n’a même rien d’exceptionnel. Par exemple, une femme qui porte du 75E a une poitrine moins importante qu’une femme qui fait du 95B ou du 100A.

Sur cette image, un des soutien-gorge est un 75I et l’autre est un est 90F. L’un a une bande plus longue que l’autre, mais le volume du bonnet est exactement le même dans les deux cas. Un bonnet I peut tout à fait être la même chose qu’un bonnet F ou même A CAR LE BONNET SEUL NE VEUT RIEN DIRE.

Quand on voit des bonnets E ou supérieurs dans les magasins, il s’agit quasi systématiquement de tours de dos assez grands, d’où l’impression qu’il s’agit d’une très grande taille. Or, si un 100E est assez volumineux, un 75E est, en revanche, assez modeste voire plutôt petit.

J’espère que c’est bien clair, parce que je ne veux entendre personne dire, après s’être mesuré, que non, c’est pas possible, ses seins sont trop petits pour faire cette taille de bonnet. Ça ne veut rien dire, alors on ne discute pas.

L’enfer des systèmes de taille

Avant de passer aux choses sérieuses, une dernière précision : la prise des mesures se fera en pouces, non en centimètres, et la taille obtenue sera la taille du Royaume-Uni (on dit taille UK pour faire plus simple parce que hein, bon). La plupart des mètres-rubans ont un côté en pouces et un côté en centimètres et de toutes façons je fournirai à la fin un tableau de conversion pour que vous puissiez traduire la taille obtenue en taille française. Alors pas de panique.

Pourquoi mesurer sa taille UK quand on vient même pas du Royaume-Uni ? Et bien parce que c’est plus simple, déjà. En taille UK, la taille mesurée sous le buste est la taille du soutien-gorge. Ton mètre te donne une mesure de 32 pouces ? Et ben voilà, tu fais du 32, maintenant il ne reste plus qu’à déterminer la taille de bonnet. (Bon, en vrai je simplifie un peu, mais c’est pas beaucoup plus compliqué que ça) En France, le système est un peu flou et pas vraiment standardisé. Par exemple, je fais du 75 en taille française, alors que mon tour de dos ne mesure pas du tout 75 cm.

L’autre raison pour laquelle on utilise la taille anglaise (oui, j’ai bien conscience que le Royaume-Uni et l’Angleterre c’est pas pareil, ne nous fâchons pas), c’est que la plupart des fabricants de soutien-gorge qui produisent les tailles les plus courantes sont anglais, ou utilisent le système britannique.

Quoi qu’il arrive, chaque pays et même chaque marque fait sa propre cuisine. Certains fabricants taillent grand ou petit selon les modèles, parfois ils utilisent même leur propre système de mesure en se foutant totalement des normes nationales. Les tailles de vêtements n’ont rien d’une science exacte donc, quand on achète de la lingerie, il faut de toute façon faire des ajustements régulièrement et il est alors beaucoup plus simple de partir de sa taille UK, reconnue partout et aisément convertible, que de sa taille française. C’est pour ton bien.

Pourquoi ça ne fonctionne pas

Si vous avez lu mon premier billet, vous vous demandez peut-être ce qui cloche chez moi pour que ma taille soit si difficile à trouver en magasin. A priori, la logique voudrait que les boutiques aient en stock les tailles les plus moyennes, une taille difficile à trouver devrait donc être très petite ou, au contraire, très grande. Or, ma poitrine est moyenne. Vraiment moyenne.

Au niveau des seins, je ne ressemble pas du tout à cette fille :

The little bra company, une marque chouette mais qui n'a que des soutien-gorge trop petits pour moi

The little bra company, une marque chouette mais qui n’a que des soutien-gorge trop petits pour moi

Ni à cette fille :

Elomi, une marque chouette mais qui n'a que des soutien-gorge trop grands pour moi.

Elomi, une marque chouette mais qui n’a que des soutien-gorge trop grands pour moi.

Les boutiques de lingerie fournissent en général des soutien-gorge du 85A au 95D. Certaines marques ont la bonté de pousser un peu vers des tours de dos plus grands ou plus petits, mais en règle générale ce sont ces tailles que l’on retrouve partout et dans lesquelles on essaie tant bien que mal de se caser. Ces tailles ne conviennent réellement qu’à une minorité de femmes, mais on peut passer toute une vie dans la mauvaise taille sans déplorer d’inconfort majeur. Mais avec moi, les soutien-gorge dans ces tailles classiques sont toujours catastrophiques.
La raison de cet échec permanent, c’est que j’ai un petit tour de dos. C’est difficile de trouver plus petit qu’un 85 en magasin. Je fais du 75. Je suis petite (1m58, je sais qu’il y a plus petit mais on peut pas dire que ça culmine) et relativement mince, mais je ne suis pas franchement chétive. Il y a des tas de filles plus menues que moi qui auraient besoin d’un 75 aussi, voire d’un 70 ou d’un 65. Le dessous de mon buste est parfaitement normal, j’ai une bonne cage thoracique pleine de gros os. Rien d’exceptionnel.
Les filles qui font du 75 peuvent parfois espérer trouver du 75A ou 75B chez Etam, mais en général ils s’accompagnent de motifs nounours mignons qui ne seront pas forcément au goût d’une femme adulte. Très souvent, celles qui ont de petits seins se retrouvent dans du 85A et ne s’en plaignent pas trop car elles pensent ne pas pouvoir trouver mieux. Mais moi je n’ai pas des petits seins. J’ai des seins moyens. Ils sont insoumis, sans scrupules. Ils n’hésitent pas à me donner l’air con si tel est leur bon plaisir. Le 85A m’a très bien convenu jusqu’à l’âge de douze ans, ensuite il a fallu s’aventurer plus loin. J’ai donc porté du 90C pendant longtemps, et j’ai toujours eu l’air de ça :

J’ai exactement le même soutien-gorge que cette dame, d’une couleur différente, et je ressemble exactement à ça dedans. C’est ridicule.

La bande qui remonte dans le dos. CETTE FOUTUE BANDE QUI REMONTE DANS LE DOS. Partout. Tout le temps. Pourquoi ? POURQUOI ? Et bien je vais vous dire pourquoi. Les seins, pour des raisons physiques évidentes, sont attirés par le sol, ils poussent donc les bonnets vers le bas, ce qui est parfaitement normal sauf que, quand on porte un soutien gorge bien trop large, la bande remonte au lieu de rester bien horizontale. Pour remédier à cela, il suffit de prendre un tour de dos plus petit, qui sera mieux à même de maintenir le bazar en place. C’est tout. C’est fastoche. Sauf qu’il n’ont pas de tour de dos plus petit en boutique.
Pourtant, en termes de volume de bonnet, j’étais vraiment sur la bonne voie. Mes 90C devenaient trop petits, mettons qu’il me fallait plutôt du 90D. Le volume d’un 90D est équivalent à celui d’un 85E, d’un 80F et d’un 75G. Aujourd’hui, la taille que je porte se situe entre le 75G et le 75H. On était tellement près du but, mes seins et moi. Si les 80 et les 75 avaient été disponibles en magasin, j’aurais pu trouver ma taille toute seule, comme une grande, sans avoir à toucher un mètre-ruban ou une vendeuse désagréable.

C’est ainsi que plein de filles au tour de poitrine désespérément commun se retrouvent perdues dans la matrice du soutif, à se rendre compte que quelque chose cloche dans la façon dont leur soutien-gorge leur va mais sans savoir qu’un monde meilleur est possible. Elles rejoignent ainsi les filles à petits seins qui tomberaient des nues si elles savaient qu’un bonnet D leur irait mieux si seulement on avait des 75D à leur proposer, les filles à forte poitrine qui croient que leurs problèmes de dos viennent d’elles et qu’elles feraient mieux d’investir dans une réduction mammaire, et bien d’autres encore. A toutes ces filles, je n’ai qu’une chose à dire : les soutifs c’est vraiment super chouette, alors prends ton mètre-ruban et viens faire la fête avec moi.

J’ai testé pour toi : se faire mesurer la gorge par de grandes chaînes de lingerie

(COUCOU. Ceci est le post qui a initié mon obsession pour les soutien-gorge et la création de ce blog. Je l’ai publié une première fois sur un de mes tumblrs il y a quelques mois et j’ai décidé de le copier ici afin de laisser mon pauvre tumblr en paix et parce que je pense qu’il constitue une bonne introduction pour ce nouveau blog. Voilà. Un tout nouveau monde de rêves, d’aventures et de soutien-gorge t’attend ! Dingue !)

Laisse-moi te raconter rapidement l’histoire de mes seins. De l’âge de 12 ans à l’âge de 19 ans, ma taille de soutien-gorge n’a pas bougé d’un poil. C’était fantastique et confortable mais du coup, le jour où mes seins ont changé, j’étais totalement déboussolée. J’avais trouvé mon ancienne taille au hasard, quand j’étais collégienne, avec l’aide de ma mère et de vendeuses bienveillantes avec l’enfant que j’étais. Là, je ne savais pas comment faire. Alors j’ai tâtonné, jusqu’à trouver une taille qui me convenait à peu près, mais il y avait des signes qui ne trompaient pas : la bande du soutien-gorge remontait dans mon dos, le soutien-gorge avait l’air à la fois trop petit et trop grand (oui, c’est possible et même plutôt fréquent), le maintien était médiocre. Alors trouver ma bonne taille de soutif est devenu ma croisade personnelle.
On voit souvent passer sur internet des guides pour trouver sa véritable taille de seins, celle qui rend les poitrines souriantes et les filles joyeuses. Avec ces guides, je me suis mesurée des dizaines de fois. Je trouvais toujours à peu près la même taille avec différents guides, j’avais donc tendance à croire qu’ils étaient fiables. Seul souci : ils me donnaient une taille que je n’avais jamais vue en boutique et qui, pour moi, n’existait même pas. Alors je laissais tomber. Mais un beau jour, je suis tombée sur ce subreddit, qui avait son propre guide de mesure, encore plus précis que tous ceux que j’avais pu voir. J’ai trouvé la même taille absurde qu’avec les autres guides sauf que, cette fois, il y avait une liste de boutiques qui commercialisaient ces tailles. Alors j’ai commandé un modèle à ma taille nouvellement mesurée (pour pas cher, soit dit en passant), je l’ai reçu, je l’ai enfilé et j’ai explosé de joie dans un nuage de petites étoiles mignonnes. Pas de bande qui remonte dans le dos, pas de bonnet trop rempli par endroits et sous-rempli ailleurs, pas cette impression que mes seins soutiennent le soutien-gorge et non l’inverse. La bonne taille. Enfin.
(NB : La taille d’une personne peut varier selon les marques, les formes, etc., sans compter qu’il existe des tailles “sœurs”, bref, il n’y a pas une bonne taille par femme et des ajustements sont parfois nécessaires, mais trouver une taille qui fonctionne c’est déjà un excellent début.)
J’ai tout de suite pensé qu’ah bah oui, c’est sûr que c’est pas dans une boutique de lingerie française lambda que j’aurais trouvé un soutien-gorge aussi satisfaisant. Et puis je me suis dit que j’étais peut-être mauvaise langue. J’avais toujours été trop timide pour me faire mesurer en boutique, mais maintenant que j’avais trouvé ma bonne taille, je pouvais y aller sereinement sans craindre un échec. Juste pour tester. Pour la science. Alors, n’écoutant que mon courage qui ne me disait rien, je suis allée dans les deux boutiques de lingerie les plus proches de mon domicile. Je n’ai pas de boutiques de lingerie indépendantes tenues par de sages expertes près de chez moi. Il est évident que les résultats n’auraient pas été les mêmes dans ce type de boutique. Je n’ai qu’un Darjeeling et un Etam, et je suppose que c’est le cas de la plupart des gens. Alors, comme la plupart des gens, j’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais. Et ce fut calamiteux.

Première étape : Darjeeling. J’avais plutôt confiance, dans la mesure où ce magasin possède certains modèles dans ma “vraie” nouvelle taille. Donc je me suis dit que, si ça se trouve, on allait me les recommander. J’entre dans la boutique, trouve un soutien-gorge qui me plaît. Une vendeuse me propose son aide, je lui dis que ce modèle me plaît, mais que je ne connais pas ma taille et que j’aimerais bien qu’on me mesure. Elle fixe ma poitrine quelques secondes et annonce : “Pour moi, vous êtes un 95B ou un 90C”. Pas de mesure au rendez-vous, apparemment il faudra se contenter d’une estimation au doigt mouillé faite à partir de l’allure de mes seins à travers mon t-shirt. Je me demande bien comment elle aurait fait si j’avais porté un gros pull. Bon.  Elle m’envoie en cabine avec un 95B, une taille que je n’ai jamais testée. Le résultat est assez affreux : la bande est affreusement lâche et ne soutient rien, quant au bonnet, il me coupe le sein en deux et donne l’illusion que j’ai quatre petits seins au lieu de deux (dans le jargon, on appelle ça le quadboob). La vendeuse me demande ce que j’en pense, je lui dis que la bande est bien trop grande. Elle me ramène le 90C. Pour avoir porté cette taille longtemps, je sais qu’elle ne me convient pas vraiment. Cette fois, la bande est moins ridiculement lâche, mais le soutien est toujours inexistant et elle remonte haut entre mes omoplates. J’ai aussi la moitié des seins dehors et toujours unquadboob. Verdict de la vendeuse : “ah bah oui, évidemment, quand on passe en 90, le bonnet est trop petit.” Si c’est si évident que ça, pourquoi m’avoir donné cette taille ? J’ai rien demandé, moi. Elle revient donc avec un 95C. Même problème de bande trop lâche qu’avec le premier. Cette fois encore, elle remonte haut dans le dos et ne maintient que dalle. Le bonnet est mieux ajusté, mais j’ai encore trop de chair à l’air et un quadboob, même s’il est plus modeste. J’explique tout cela à la vendeuse, qui m’assure que, pour elle, c’est la bonne taille. Je lui dis que je ne suis pas maintenue (bande trop lâche) et pas à l’aise (seins par-dessus bord), je lui demande si, selon elle, il n’existerait pas une autre taille où je pourrais me sentir plus à l’aise. Elle me répond avec agacement que c’est un soutien-gorge corbeille et qu’il est donc normal que ça fasse ça. Car c’est bien connu que les porte-nibards corbeilles sont censés remonter entre les omoplates et n’offrir aucun soutien. Bien sûr. Je lui fais comprendre que non, il n’y a aucune chance que je dépense ma thune pour ça, je me rhabille et quitte la boutique. Prochain arrêt : Etam.

Bonheur, émerveillement et ironie, il se trouve qu’Etam est actuellement en pleine opération “Mesurée et décolletés”, une grande campagne ayant pour but d’attribuer enfin à toutes les femmes la taille de soutien-gorge qu’il leur faut. Une fière pancarte orne la devanture du magasin : “80% des femmes ne connaissent pas leur taille de soutien-gorge… Et vous ?”. Je me dis que je suis au bon endroit, que leur savoir-faire datant du début du siècle dernier (grisant !) va me faire gagner en confort et faire couiner mes nichons de joie. D’ailleurs, le site de la marque est pédant à souhait, pour oser être prétentieux et donneur de leçons comme ça, il faut vraiment être absolument certain de ses compétences.
« Règle numéro un : « Bien connaître sa taille. »
C’est la seule solution pour avoir une jolie poitrine.

Règle numéro deux : “Se fournir au bon endroit.”
Des conseillères Etam vous attendent un mètre à la main pour prendre vos mensurations et déterminer votre taille exacte de soutien-gorge. Là, c’est le moment où vous réalisez que vous portez une mauvaise taille depuis des années. Profitez-en : elles vous conseilleront aussi pour définir quels décolletés porter avec quels looks.”

Ça fait rêver. Pleine de confiance, j’entre dans la boutique et me dirige vers une vendeuse, elle porte un mètre en papier autour du cou, je lui demande si c’est possible de me mesurer, car je ne connais plus trop ma taille. Elle me répond “Oui, bien sûr !” en souriant, prend son mètre et commence à essayer de m’entourer avec. Il faut savoir qu’à ce moment-là, je portais mon gros sac de cours en bandoulière, j’avais deux sacs en plastique remplis de bordel et mon manteau à la main, sans parler du fait qu’on était en plein milieu de la boutique. Quel genre de soutif espérait-elle me refourguer après avoir mesuré mon tour de buste + bras + besace ? Surprise, je lui demande si elle compte me mesurer ici, au milieu du flot des clients du magasin. “Ah non, non, on peut aller en cabine si vous préférez ! Mais j’ai pas besoin de vous faire déshabiller pour vous mesurer, vous savez, je serre juste le ruban plus fort.” Et si je porte une polaire ? Et si je porte un soutien-gorge de sport qui m’aplatit les seins ? Et si je porte un soutien-gorge trois fois trop grand et bourré de coton sous ma polaire ? Est-ce bien sérieux ? Bon, en l’occurrence je portais un t-shirt en coton, alors je l’ai laissée faire après avoir quand même insisté pour aller en cabine, on est pas des bestiaux, merde. Je pose mon bordel dans la cabine, je me tiens face à elle, elle me mesure en cinq secondes. Il ne s’agit en rien d’une exagération de ma part, elle m’a vraiment mesurée en cinq secondes, peut-être quatre, même. Pas le temps de vérifier si le mètre était bien parallèle au sol, pas le temps de rien, en deux coups les gros ma ninja du soutif m’annonce que je fais du 85C. Le 90C a tendance à être trop juste et tu veux me mettre dans du 85C ? Et bien vas-y, vas-y, après tout Etam m’avait promis une révélation céleste sur mon tour de poitrine, alors c’est peut-être ça. La vendeuse me jette un regard inquiet : “Quel taille vous faites, habituellement ? Celui que vous portez là, c’est quelle taille par exemple ?”. Je lui réponds la vérité, à savoir que c’est du 30E mais que c’est une taille anglaise. Elle ne relève pas et m’annonce qu’elle part me chercher un 85C. “Je vous ramène n’importe lequel, hein, c’est juste pour voir la taille !” Elle revient avec un modèle que j’ai déjà chez moi (en 90C) (et qui ne me va pas) (il est à la fois trop petit est trop grand) (il a une forme incompatible avec ma forme de seins, mais comme elle ignore tout de la forme de mes seins, comment pourrait-elle le savoir ?), un noir basique avec une coque mais heureusement sans rembourrage. Rien qu’en le regardant, je sais que ça va pas être possible. J’essaie de le passer, il me faut bien une minute pour essayer de caser mes seins dedans, j’ai l’impression d’essayer de faire rentrer une orange dans un papier de bonbon. En me regardant dans le miroir, j’ai eu une crise de fou rire. Visuellement, le résultat était assez proche de ça. Tellement pas la bonne taille que ça en devenait ridicule. “Là, c’est le moment où vous réalisez que vous portez une mauvaise taille depuis des années”. En effet, oui, je réalise bien à quel point j’ai eu tort toutes ces années, maintenant je vais me comprimer dans de la lingerie trop petite et retrouver le droit chemin ! Je suis restée à rire bêtement dans la cabine plusieurs minutes en regardant mes seins déborder jusqu’au retour de la vendeuse (elle était sollicitée de toutes parts). Je ne suis pas habituellement du genre à exhiber mes seins, surtout aux vendeuses de lingerie inconnues, mais là je les lui ai flashés à la tronche, pour bien lui montrer l’intensité du vice qu’elle avait commis. Elle me regarde en souriant et donne son verdict : “C’est trop petit”. J’ouvre grand les yeux et la fixe, je lui réponds mon plus beau “Oui” à la façon de Didier Drogba. Elle me dit qu’elle m’amène le 85D. Le 85D est indubitablement meilleur, je peux mettre pratiquement tout ce que j’ai dedans et j’ai connu bien pire niveau maintien, mais c’est encore pas ça. Les problèmes sont toujours les mêmes : bande arrière qui tire toute seule vers le haut du dos, quadboob. C’est fatigant. Je décide d’arrêter les frais et de quitter le magasin, de toutes façons la vendeuse est débordée et ne remarque même pas mon départ.
Mais je m’en fiche parce que je pars en portant un soutien-gorge qui me va. Que je n’aurais jamais pu acheter chez eux.

Je ne sais pas vraiment quelle est la morale de cette histoire, si ce n’est qu’il ne faut SURTOUT PAS aller vous faire mesurer chez un grand distributeur comme Etam ou Darjeeling. Ces gens n’ont aucun intérêt à vous donner une taille qui vous va vraiment. Pour eux, il est bien plus simple de ne commercialiser que des tailles entre le A et le D et d’essayer de caser toutes les femmes dedans que de se faire chier à aller du bonnet A au bonnet L, voire au M. Ce n’est même pas une critique, je les comprends, les poitrines sont toutes différentes et essayer de réellement contenter tout le monde représenterait un investissement énorme. Ce qui est malhonnête, c’est de se faire passer pour un expert de la taille parfaite pour toutes les poitrines, fortes ou menues, et offrir aux clients un service aussi peu compétent. Si vous avez la chance d’avoir des boutiques de lingerie indépendantes près de chez vous, il sera sûrement plus profitable d’aller là-bas si vous espérez trouver quelqu’un de bon conseil. Ces boutiques commercialisent plusieurs marques et ont sûrement plus l’habitude de faire des ajustements selon la forme du bonnet, celle de vos seins et les standards divergents des fabricants. Sinon, parmi les magasins cités chez http://www.reddit.com/r/ABraThatFits/, certains livrent en France et sont moins chers que les boutiques physiques qu’on trouve ici. Mesurez-vous vous-mêmes, demandez conseil à des gens qui savent, informez-vous, ouvrez votre esprit. Si vous pensez avoir un souci de lingerie, ne déléguez pas le problème à une vendeuse de chez Etam, même si elle est gentille et qu’elle maîtrise des techniques ninja.