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Viksen

Dans mon billet précédent, j’ai parlé d’une boutique de lingerie dont je suis ressortie les mains vides. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Avec mon amie Lucie, nous sommes aussi allées chez Viksen.

Si vous suivez un peu l’actualité des seins (oui, car j’ai décidé que « l’actualité des seins » était un concept valable et légitime), vous avez sûrement déjà entendu parler de Viksen. C’est une petite boutique, mais toutes celles qui y sont allées en parlent en des termes très élogieux, alors j’ai voulu tester.

Avant d’y aller, j’avais pas mal traîné sur leur site et constaté que le choix dans ma taille était assez limité, mais pas inexistant. Ceci dit, il m’est apparu assez clair que leur manque de choix en soutien-gorge taille 75 était bien plus un problème de demande qu’un choix. Sur leur blog et leur page Facebook, Viksen a mené une petite campagne appelée « La lettre ne veut rien dire sans le chiffre« . Si vous lisez un peu mon blog, ça doit sûrement vous rappeler quelque chose et vous comprendrez bien pourquoi j’ai été tentée de mourir d’amour. Le moins qu’on puisse dire, c’est que tout cela m’a donné beaucoup de préjugés positifs sur la boutique. À tel point que, avant de rentrer dans le magasin, j’avais une petite boule d’appréhension dans le ventre. Alors je ne voulais pas que mes attentes soient déçues.

La boutique Viksen, la vraie, celle où tu peux rentrer avec tes pieds, se trouve dans une petite ruelle et il serait facile de passer devant sans la remarquer. Quand nous sommes rentrées, avec Lucie, il n’y avait pas de clientes à l’intérieur, juste une vendeuse, qui nous a très bien accueillies. Elle avait l’air un peu timide, mais gentille et agréable. À nouveau, pas le genre de vendeuse super intrusive et expansive qui met mal à l’aise.

Lucie s’est fait mesurer par la vendeuse à travers ses vêtements, qui étaient assez légers. On recommande tout le temps (et par « on », je veux aussi dire « je ») de prendre ses mesures seins nus, mais dans le cas d’une boutique aussi bien fournie en tailles que Viksen, je pense qu’il est mieux de procéder ainsi, tant que la cliente ne porte pas dix couches de pulls. Quand on est seule chez soi, autant prendre la mesure la plus parfaite possible, surtout si c’est dans l’optique de commander sur internet. En revanche, ce serait sûrement gênant pour pas mal de gens de montrer ses seins nus, voire ses sous-vêtements, à une vendeuse inconnue. Au pire, si elle recommande une taille incorrecte, on a toujours la possibilité d’en essayer une autre en fonction de ce qui ne va pas et ainsi de suite jusqu’à trouver une taille adaptée. Dans mon cas, leur guide des tailles me donne la bonne taille mais, dans le pire des cas, quand on est dans une boutique avec beaucoup de tailles et une vendeuse qui sait ce qu’elle fait, ce n’est pas bien grave de tomber un peu à côté la première fois.
En l’occurrence, la taille de départ qu’elle a donné à Lucie me paraissait tout à fait cohérente et, à partir de là, il y avait plein de possibilités d’essayage.

La vendeuse connaissait bien son magasin et a été capable de bien guider Lucie en fonction du stock disponible et de ses préférences. La boutique est assez petite, mais ils ont quelques modèles vraiment jolis dans des marques comme Curvy Kate, Cleo et même Miss Mandalay. En particulier, ils avaient quelques modèles que je cherche à ma taille depuis des mois sans parvenir à mettre la main dessus (mais ils ne les avaient pas dans ma taille non plus, hélas). Lucie est partie en cabine avec un million de trucs à essayer et la vendeuse a pu s’occuper de mon cas.

Je lui ai dit que je faisais du 75G ou 75H, mais elle avait vraiment peu de choix en 75. Elle n’avait que deux possibilités : un Tutti Rouge noir et rose (mais j’aime pas le rose) et le Curvy Kate Princess en noir. Ayant déjà fait mon repérage en amont sur le site, j’étais clairement venue pour essayer le Princess. C’est un soutien-gorge noir relativement classique, mais j’avais un peu peur qu’il ne marche pas pour moi parce que la forme de seins qui convient traditionnellement aux Curvy Kate est assez éloignée de la mienne. De plus, j’ai toujours vu ce soutien-gorge porté par des mannequins à forte poitrine, alors j’avais un peu peur de ce qu’il donnerait sur moi.

J’ai essayé le Princess en 75G et ai été surprise de voir qu’il était un peu trop grand et faisait des plis au niveau des bonnets. En fait, Viksen n’utilise pas le même système de conversion des tailles britanniques que moi. Ils convertissent le tour de dos de la même façon (28 = 75, 30 = 80, 32 = 85 et ainsi de suite) mais conservent le même bonnet. Donc quand j’ai dit à la conseillère que je voulais du 75G, elle m’a donné du 28G alors que je m’attendais à du 28F. Je ne dis pas que leur méthode de conversion est mauvaise ou incorrecte, au contraire, elle a le mérite de simplifier la conversion. Et puis ça fait probablement moins peur de s’entendre dire qu’on fait un bonnet H qu’un bonnet L. De toute façon, les tailles françaises n’étant pas standardisées au-delà du bonnet D, il n’existe pas de « vraie » méthode. Alors franchement, peu importe. Sachez juste que si vous avez converti votre taille UK en utilisant mon article, ça ne conviendra pas chez Viksen. Au pire, si vous êtes perdu, vous pouvez tout à fait leur donner votre taille britannique, elles travaillent avec des marques anglaises toute la journée et comprendront très bien ce que vous recherchez.
Le seul problème de leur système de tailles, c’est que Viksen ne travaille pas trop avec les bonnets à deux lettres, comme DD ou FF, et les considère comme des tailles intermédiaires alors qu’il s’agit de tailles à part entière. Du coup, si votre F est trop petit, ils n’auront peut-être que du G à vous proposer, alors qu’un FF serait peut-être idéal. Dans le système anglais, il y a une différence deux fois plus importante entre un bonnet F et un bonnet G qu’entre un bonnet E et F ou qu’entre un bonnet C et D, d’où l’importance des double-tailles.

Quand je lui ai dit que c’était trop grand, la vendeuse m’a ramené le même modèle en 75F et ça allait très bien. Je lui ai demandé si elle avait aussi le bas à ma taille, elle l’avait, il m’allait, j’étais heureuse. Lucie a passé plus de temps en cabine car elle s’est avérée être entre deux tailles (et aussi parce qu’elle avait pas mal de choix en rayon), mais il me semble que la conseillère s’est bien occupée d’elle et elle a fini par trouver son bonheur aussi.
J’étais déjà vraiment contente d’avoir pu trouver un ensemble à ma taille, mais la vendeuse avait l’air désolée de ne rien avoir de plus à me proposer. Elle m’a expliqué que la boutique pouvait souvent s’arranger pour commander une taille manquante, mais que comme c’était la fin des collections, elle ne pourrait rien me commander avant février ou mars. Elle m’a dit qu’elle pouvait quand même regarder si elle trouvait le Princess en rouge pour moi et elle a pris mon adresse mail. Je lui ai dit que je déménageais en Suède dans quelques jours, mais apparemment il est possible de se faire livrer à l’étranger en commandant par leur site. Elle m’a aussi dit que seulement deux ou trois de ses clientes portaient du 75 et que c’est pour ça qu’elle en avait aussi peu. On a discuté vite fait, je lui ai dit que plein de femmes porteraient sûrement du 75 si elles étaient correctement mesurées et si on trouvait en magasin des 75 dans toutes les tailles de bonnets, et pas uniquement avec des imprimés infantiles faits pour des fillettes de 10 ans. Viksen essaie vraiment d’accompagner un changement de mentalité en ce qui concerne les préjugés sur les tailles des soutien-gorge et rien que pour ça j’estime qu’il faut les soutenir à fond, car les boutiques de ce genre sont des espèces rares.

Finalement, nous avons quitté Viksen avec chacune un ensemble à la bonne taille pour un prix carrément raisonnable et en ayant bénéficié d’un conseil au top.
Viksen c’est au 16 rue Saint-Sauveur à Paris, alors allez-y. ALLEZ-Y. Et si vous habitez loin, allez sur leur site et venez visiter la boutique la prochaine fois que vous passerez sur Paris. Vous ne le regretterez pas. Ne vous laissez pas intimider par l’image de lingerie grande taille que Viksen peut donner, il n’y a vraiment pas que des grandes tailles. Ils ont aussi de quoi faire si vous avez une poitrine petite à moyenne, même s’ils n’ont pas de très petites tailles, et leurs culottes vont du 36 au 56. Il faut que vous y alliez, il faut que cette boutique marche et que les femmes apprennent vraiment à ne rien porter d’autre que des soutien-gorge qui leur vont vraiment (et aussi des vêtements par-dessus, si vous insistez). Alors ouais, c’est pas original, mais comme tous ceux qui y sont allés, j’approuve cette boutique à 100%. Viksen c’est cool, Viksen c’est important, Viksen mérite tes sous.

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Orcanta

Hier, avec mon amie Lucie, nous avons fait un petit périple à travers Paris dont l’objectif initial était le suivant : ACHETER DES SOUTIENS-GORGES. Nous avons débuté notre aventure en nous rendant chez Orcanta. J’avais très peu d’espoir d’y trouver ma taille mais, n’ayant jamais mis les pieds dans une de leurs boutiques, j’avais envie de tester. Et puis Lucie avait des bons de réduction, alors bon.

La boutique que nous avons visitée est celle de la rue du Commerce, à Paris. Si ça vous intéresse, Orcanta a également un site internet sur lequel je n’ai jamais commandé mais que je ne trouve pas super bien fichu.

Après un petit repérage sur leur site, j’ai vu qu’ils ne proposaient rien qui se rapproche de ma taille. En revanche, ils distribuent des marques qui fabriquent bel et bien des tailles moins conventionnelles (comme Chantelle ou Huit), même si les revendeurs ont tendance à ne pas les commander en masse.

Dès notre arrivée, nous avons eu affaire à une vendeuse (je pense que c’était la manager parce qu’elle était habillée de manière plus formelle que les autres, mais je me trompe peut-être), qui nous a aimablement indiqué sur quels modèles nos bons de réduction étaient valables. Déjà, la boutique avait énormément de modèles, dont beaucoup de vraiment très jolis. J’ai vu un sacré paquet de soutiens-gorges à mon goût rien qu’au premier coup d’œil. Notre réduction était valable sur la moitié de la boutique environ et il y avait déjà largement de quoi faire.

J’ai commencé à chercher dans les rayonnages pour voir si je trouvais quelque chose à ma taille, mais malheureusement leur choix de tailles était vraiment limité. Lucie a appelé la vendeuse pour qu’elle vienne m’aider à trouver ma taille. Toute souriante, elle me dit que bien sûr, elle peut m’aider, et me demande ma taille. Je sens un poil d’inquiétude et de suspicion dans son expression et sa voix quand je lui dis que je fais du 75G, mais pas de mépris. Elle me dit qu’ils n’ont pas de bonnets G du tout. Comme je suis pleine de bonne volonté, je lui dis que sinon, je peux tenter un 80F. Elle me dit que leur plus petite taille commence au 85 et a l’air assez soulagée quand je lui dis que je veux bien essayer le 85E.
Leur choix en 85E est très limité à l’échelle de la boutique, mais la vendeuse m’aide quand même à trouver trois modèles très jolis à essayer.

En cabine, Orcanta a une politique un peu spéciale pour éviter l’affluence : ils ne laissent les clientes essayer qu’un seul soutien-gorge afin de valider la taille puis, si la taille convient, elles peuvent devenir folles, en essayer plein et se baigner dans une piscine de soutiens-gorges si elles le souhaitent. Je trouve ça moyen pour les femmes qui sont vraiment entre deux tailles et pour lesquelles il est difficile de valider une taille plutôt qu’une autre, mais en pratique ce n’est pas si idiot que ça, ni franchement contraignant.
La vendeuse en charge du conseil en cabine a l’air très gentille, alors même si la taille trouvée en rayon n’est probablement pas la bonne, je me sens assez à l’aise au moment de l’essayage.

Et puis j’essaie un soutien-gorge plutôt chouette de chez Chantelle. Et ça ne va pas du tout.

Au niveau du bonnet, tout se passe bien. Par contre la bande est beaucoup trop grande, je nage dedans et je suis à peu près aussi bien maintenue que si je ne portais rien. En plus, même ajustées au minimum, les bretelles sont trop longues. La vendeuse me demande comment ça se passe, je lui dis qu’elle peut rentrer voir si elle le souhaite. (Ça ne me paraît pas inutile de mentionner ce détail, parce qu’on est probablement nombreuses à avoir connu la vendeuse de lingerie giga intrusive, celle qui entre dans ta cabine sans te demander ou bien ouvre ton rideau en grand alors qu’il y a quinze personnes derrière qui peuvent te mater. Ouais. Toi-même tu vois de quoi je cause.) Je lui explique que la bande est trop large et elle est d’accord. Je lui demande si je peux essayer les deux autres soutiens-gorges que j’ai pris en rayon pour voir s’ils taillent plus petit dans le dos. Elle me répond que, puisqu’ils sont tous de chez Chantelle, j’aurai sûrement le même problème avec les autres. Je n’avais pas du tout repéré que les trois soutiens-gorges étaient de la même marque, je trouve ça vraiment bien que la vendeuse y ait fait attention. Elle me propose d’essayer un 85E de chez Passionata, qui apparemment a tendance à tailler plus petit. J’accepte et elle me ramène un Passionata « au hasard », que je trouve vachement joli pour un truc pris au hasard. Je l’essaie et, effectivement, je nage un peu moins dedans mais je nage encore quand même. Je le montre à la vendeuse et on est d’accord pour dire que c’est mieux mais toujours insuffisant. Elle reste quelques secondes dans ma cabine, les sourcils froncés. Je tire un peu la bande en arrière pour lui montrer que c’est vraiment trop lâche. Elle me dit qu’il faudrait me faire essayer du 80, mais qu’ils n’ont malheureusement rien de tel en stock. Elle n’essaie pas une seconde de me faire croire que le soutien-gorge me va. Elle ne me raconte pas de conneries. Elle est vraiment cool. On discute un peu, elle me demande quelle taille je porte d’habitude et comment je fais pour trouver ma taille. Je lui dis que je porte des marques anglaises ou polonaises, elle acquiesce et dit qu’effectivement, il n’y a qu’eux qui fabriquent ce genre de taille. Elle a l’air réellement désolée de ne pas pouvoir m’aider et reste agréable jusqu’au bout.

Finalement, nous avons quitté la boutique les mains vides, Lucie n’ayant rien trouvé non plus qui lui convienne. C’est donc un semi-échec, mais j’ai été vraiment impressionnée par le service. Les vendeuses n’ont jamais été désagréables, elles ont tout fait pour nous aider et la vendeuse en cabine avait vraiment l’air de savoir ce qu’elle faisait.
Ce qui m’énerve, c’est le nombre de tailles disponibles qui est vraiment limité. C’est extrêmement frustrant de voir autant de jolis ensembles et si peu de tailles. Quand la vendeuse me dit « il faudrait vraiment vous faire essayer du 80 » dans une boutique qui distribue des marques théoriquement disponibles en 80, je pleure un peu à l’intérieur. Comme je suis légèrement bête, je n’ai pas pensé à demander à la vendeuse s’il était possible de commander ma taille, mais je pense qu’elle me l’aurait proposé si c’était possible. Donc voilà, monsieur le patron d’Orcanta, tu devrais sérieusement songer à tirer pleinement parti des douces marques qui te fournissent. Si tu le faisais, je m’approvisionnerais sûrement chez toi, et tu gagnerais beaucoup beaucoup de sous.
En attendant, pour les personnes qui ont la chance de porter une taille incluse dans leur stock, je ne peux que recommander Orcanta. Le service est particulièrement important quand il est question de lingerie et celui de leur boutique m’a agréablement surprise.

(PS : Ai-je mentionné que ma douce Lucie était journaliste chez La-Publication-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Lire-Les-Commentaires et qu’il lui arrivait même d’écrire des articles sur les soutiens-gorges à la bonne taille ?)

Pourquoi ça ne fonctionne pas

Si vous avez lu mon premier billet, vous vous demandez peut-être ce qui cloche chez moi pour que ma taille soit si difficile à trouver en magasin. A priori, la logique voudrait que les boutiques aient en stock les tailles les plus moyennes, une taille difficile à trouver devrait donc être très petite ou, au contraire, très grande. Or, ma poitrine est moyenne. Vraiment moyenne.

Au niveau des seins, je ne ressemble pas du tout à cette fille :

The little bra company, une marque chouette mais qui n'a que des soutien-gorge trop petits pour moi

The little bra company, une marque chouette mais qui n’a que des soutien-gorge trop petits pour moi

Ni à cette fille :

Elomi, une marque chouette mais qui n'a que des soutien-gorge trop grands pour moi.

Elomi, une marque chouette mais qui n’a que des soutien-gorge trop grands pour moi.

Les boutiques de lingerie fournissent en général des soutien-gorge du 85A au 95D. Certaines marques ont la bonté de pousser un peu vers des tours de dos plus grands ou plus petits, mais en règle générale ce sont ces tailles que l’on retrouve partout et dans lesquelles on essaie tant bien que mal de se caser. Ces tailles ne conviennent réellement qu’à une minorité de femmes, mais on peut passer toute une vie dans la mauvaise taille sans déplorer d’inconfort majeur. Mais avec moi, les soutien-gorge dans ces tailles classiques sont toujours catastrophiques.
La raison de cet échec permanent, c’est que j’ai un petit tour de dos. C’est difficile de trouver plus petit qu’un 85 en magasin. Je fais du 75. Je suis petite (1m58, je sais qu’il y a plus petit mais on peut pas dire que ça culmine) et relativement mince, mais je ne suis pas franchement chétive. Il y a des tas de filles plus menues que moi qui auraient besoin d’un 75 aussi, voire d’un 70 ou d’un 65. Le dessous de mon buste est parfaitement normal, j’ai une bonne cage thoracique pleine de gros os. Rien d’exceptionnel.
Les filles qui font du 75 peuvent parfois espérer trouver du 75A ou 75B chez Etam, mais en général ils s’accompagnent de motifs nounours mignons qui ne seront pas forcément au goût d’une femme adulte. Très souvent, celles qui ont de petits seins se retrouvent dans du 85A et ne s’en plaignent pas trop car elles pensent ne pas pouvoir trouver mieux. Mais moi je n’ai pas des petits seins. J’ai des seins moyens. Ils sont insoumis, sans scrupules. Ils n’hésitent pas à me donner l’air con si tel est leur bon plaisir. Le 85A m’a très bien convenu jusqu’à l’âge de douze ans, ensuite il a fallu s’aventurer plus loin. J’ai donc porté du 90C pendant longtemps, et j’ai toujours eu l’air de ça :

J’ai exactement le même soutien-gorge que cette dame, d’une couleur différente, et je ressemble exactement à ça dedans. C’est ridicule.

La bande qui remonte dans le dos. CETTE FOUTUE BANDE QUI REMONTE DANS LE DOS. Partout. Tout le temps. Pourquoi ? POURQUOI ? Et bien je vais vous dire pourquoi. Les seins, pour des raisons physiques évidentes, sont attirés par le sol, ils poussent donc les bonnets vers le bas, ce qui est parfaitement normal sauf que, quand on porte un soutien gorge bien trop large, la bande remonte au lieu de rester bien horizontale. Pour remédier à cela, il suffit de prendre un tour de dos plus petit, qui sera mieux à même de maintenir le bazar en place. C’est tout. C’est fastoche. Sauf qu’il n’ont pas de tour de dos plus petit en boutique.
Pourtant, en termes de volume de bonnet, j’étais vraiment sur la bonne voie. Mes 90C devenaient trop petits, mettons qu’il me fallait plutôt du 90D. Le volume d’un 90D est équivalent à celui d’un 85E, d’un 80F et d’un 75G. Aujourd’hui, la taille que je porte se situe entre le 75G et le 75H. On était tellement près du but, mes seins et moi. Si les 80 et les 75 avaient été disponibles en magasin, j’aurais pu trouver ma taille toute seule, comme une grande, sans avoir à toucher un mètre-ruban ou une vendeuse désagréable.

C’est ainsi que plein de filles au tour de poitrine désespérément commun se retrouvent perdues dans la matrice du soutif, à se rendre compte que quelque chose cloche dans la façon dont leur soutien-gorge leur va mais sans savoir qu’un monde meilleur est possible. Elles rejoignent ainsi les filles à petits seins qui tomberaient des nues si elles savaient qu’un bonnet D leur irait mieux si seulement on avait des 75D à leur proposer, les filles à forte poitrine qui croient que leurs problèmes de dos viennent d’elles et qu’elles feraient mieux d’investir dans une réduction mammaire, et bien d’autres encore. A toutes ces filles, je n’ai qu’une chose à dire : les soutifs c’est vraiment super chouette, alors prends ton mètre-ruban et viens faire la fête avec moi.

J’ai testé pour toi : se faire mesurer la gorge par de grandes chaînes de lingerie

(COUCOU. Ceci est le post qui a initié mon obsession pour les soutien-gorge et la création de ce blog. Je l’ai publié une première fois sur un de mes tumblrs il y a quelques mois et j’ai décidé de le copier ici afin de laisser mon pauvre tumblr en paix et parce que je pense qu’il constitue une bonne introduction pour ce nouveau blog. Voilà. Un tout nouveau monde de rêves, d’aventures et de soutien-gorge t’attend ! Dingue !)

Laisse-moi te raconter rapidement l’histoire de mes seins. De l’âge de 12 ans à l’âge de 19 ans, ma taille de soutien-gorge n’a pas bougé d’un poil. C’était fantastique et confortable mais du coup, le jour où mes seins ont changé, j’étais totalement déboussolée. J’avais trouvé mon ancienne taille au hasard, quand j’étais collégienne, avec l’aide de ma mère et de vendeuses bienveillantes avec l’enfant que j’étais. Là, je ne savais pas comment faire. Alors j’ai tâtonné, jusqu’à trouver une taille qui me convenait à peu près, mais il y avait des signes qui ne trompaient pas : la bande du soutien-gorge remontait dans mon dos, le soutien-gorge avait l’air à la fois trop petit et trop grand (oui, c’est possible et même plutôt fréquent), le maintien était médiocre. Alors trouver ma bonne taille de soutif est devenu ma croisade personnelle.
On voit souvent passer sur internet des guides pour trouver sa véritable taille de seins, celle qui rend les poitrines souriantes et les filles joyeuses. Avec ces guides, je me suis mesurée des dizaines de fois. Je trouvais toujours à peu près la même taille avec différents guides, j’avais donc tendance à croire qu’ils étaient fiables. Seul souci : ils me donnaient une taille que je n’avais jamais vue en boutique et qui, pour moi, n’existait même pas. Alors je laissais tomber. Mais un beau jour, je suis tombée sur ce subreddit, qui avait son propre guide de mesure, encore plus précis que tous ceux que j’avais pu voir. J’ai trouvé la même taille absurde qu’avec les autres guides sauf que, cette fois, il y avait une liste de boutiques qui commercialisaient ces tailles. Alors j’ai commandé un modèle à ma taille nouvellement mesurée (pour pas cher, soit dit en passant), je l’ai reçu, je l’ai enfilé et j’ai explosé de joie dans un nuage de petites étoiles mignonnes. Pas de bande qui remonte dans le dos, pas de bonnet trop rempli par endroits et sous-rempli ailleurs, pas cette impression que mes seins soutiennent le soutien-gorge et non l’inverse. La bonne taille. Enfin.
(NB : La taille d’une personne peut varier selon les marques, les formes, etc., sans compter qu’il existe des tailles “sœurs”, bref, il n’y a pas une bonne taille par femme et des ajustements sont parfois nécessaires, mais trouver une taille qui fonctionne c’est déjà un excellent début.)
J’ai tout de suite pensé qu’ah bah oui, c’est sûr que c’est pas dans une boutique de lingerie française lambda que j’aurais trouvé un soutien-gorge aussi satisfaisant. Et puis je me suis dit que j’étais peut-être mauvaise langue. J’avais toujours été trop timide pour me faire mesurer en boutique, mais maintenant que j’avais trouvé ma bonne taille, je pouvais y aller sereinement sans craindre un échec. Juste pour tester. Pour la science. Alors, n’écoutant que mon courage qui ne me disait rien, je suis allée dans les deux boutiques de lingerie les plus proches de mon domicile. Je n’ai pas de boutiques de lingerie indépendantes tenues par de sages expertes près de chez moi. Il est évident que les résultats n’auraient pas été les mêmes dans ce type de boutique. Je n’ai qu’un Darjeeling et un Etam, et je suppose que c’est le cas de la plupart des gens. Alors, comme la plupart des gens, j’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais. Et ce fut calamiteux.

Première étape : Darjeeling. J’avais plutôt confiance, dans la mesure où ce magasin possède certains modèles dans ma “vraie” nouvelle taille. Donc je me suis dit que, si ça se trouve, on allait me les recommander. J’entre dans la boutique, trouve un soutien-gorge qui me plaît. Une vendeuse me propose son aide, je lui dis que ce modèle me plaît, mais que je ne connais pas ma taille et que j’aimerais bien qu’on me mesure. Elle fixe ma poitrine quelques secondes et annonce : “Pour moi, vous êtes un 95B ou un 90C”. Pas de mesure au rendez-vous, apparemment il faudra se contenter d’une estimation au doigt mouillé faite à partir de l’allure de mes seins à travers mon t-shirt. Je me demande bien comment elle aurait fait si j’avais porté un gros pull. Bon.  Elle m’envoie en cabine avec un 95B, une taille que je n’ai jamais testée. Le résultat est assez affreux : la bande est affreusement lâche et ne soutient rien, quant au bonnet, il me coupe le sein en deux et donne l’illusion que j’ai quatre petits seins au lieu de deux (dans le jargon, on appelle ça le quadboob). La vendeuse me demande ce que j’en pense, je lui dis que la bande est bien trop grande. Elle me ramène le 90C. Pour avoir porté cette taille longtemps, je sais qu’elle ne me convient pas vraiment. Cette fois, la bande est moins ridiculement lâche, mais le soutien est toujours inexistant et elle remonte haut entre mes omoplates. J’ai aussi la moitié des seins dehors et toujours unquadboob. Verdict de la vendeuse : “ah bah oui, évidemment, quand on passe en 90, le bonnet est trop petit.” Si c’est si évident que ça, pourquoi m’avoir donné cette taille ? J’ai rien demandé, moi. Elle revient donc avec un 95C. Même problème de bande trop lâche qu’avec le premier. Cette fois encore, elle remonte haut dans le dos et ne maintient que dalle. Le bonnet est mieux ajusté, mais j’ai encore trop de chair à l’air et un quadboob, même s’il est plus modeste. J’explique tout cela à la vendeuse, qui m’assure que, pour elle, c’est la bonne taille. Je lui dis que je ne suis pas maintenue (bande trop lâche) et pas à l’aise (seins par-dessus bord), je lui demande si, selon elle, il n’existerait pas une autre taille où je pourrais me sentir plus à l’aise. Elle me répond avec agacement que c’est un soutien-gorge corbeille et qu’il est donc normal que ça fasse ça. Car c’est bien connu que les porte-nibards corbeilles sont censés remonter entre les omoplates et n’offrir aucun soutien. Bien sûr. Je lui fais comprendre que non, il n’y a aucune chance que je dépense ma thune pour ça, je me rhabille et quitte la boutique. Prochain arrêt : Etam.

Bonheur, émerveillement et ironie, il se trouve qu’Etam est actuellement en pleine opération “Mesurée et décolletés”, une grande campagne ayant pour but d’attribuer enfin à toutes les femmes la taille de soutien-gorge qu’il leur faut. Une fière pancarte orne la devanture du magasin : “80% des femmes ne connaissent pas leur taille de soutien-gorge… Et vous ?”. Je me dis que je suis au bon endroit, que leur savoir-faire datant du début du siècle dernier (grisant !) va me faire gagner en confort et faire couiner mes nichons de joie. D’ailleurs, le site de la marque est pédant à souhait, pour oser être prétentieux et donneur de leçons comme ça, il faut vraiment être absolument certain de ses compétences.
« Règle numéro un : « Bien connaître sa taille. »
C’est la seule solution pour avoir une jolie poitrine.

Règle numéro deux : “Se fournir au bon endroit.”
Des conseillères Etam vous attendent un mètre à la main pour prendre vos mensurations et déterminer votre taille exacte de soutien-gorge. Là, c’est le moment où vous réalisez que vous portez une mauvaise taille depuis des années. Profitez-en : elles vous conseilleront aussi pour définir quels décolletés porter avec quels looks.”

Ça fait rêver. Pleine de confiance, j’entre dans la boutique et me dirige vers une vendeuse, elle porte un mètre en papier autour du cou, je lui demande si c’est possible de me mesurer, car je ne connais plus trop ma taille. Elle me répond “Oui, bien sûr !” en souriant, prend son mètre et commence à essayer de m’entourer avec. Il faut savoir qu’à ce moment-là, je portais mon gros sac de cours en bandoulière, j’avais deux sacs en plastique remplis de bordel et mon manteau à la main, sans parler du fait qu’on était en plein milieu de la boutique. Quel genre de soutif espérait-elle me refourguer après avoir mesuré mon tour de buste + bras + besace ? Surprise, je lui demande si elle compte me mesurer ici, au milieu du flot des clients du magasin. “Ah non, non, on peut aller en cabine si vous préférez ! Mais j’ai pas besoin de vous faire déshabiller pour vous mesurer, vous savez, je serre juste le ruban plus fort.” Et si je porte une polaire ? Et si je porte un soutien-gorge de sport qui m’aplatit les seins ? Et si je porte un soutien-gorge trois fois trop grand et bourré de coton sous ma polaire ? Est-ce bien sérieux ? Bon, en l’occurrence je portais un t-shirt en coton, alors je l’ai laissée faire après avoir quand même insisté pour aller en cabine, on est pas des bestiaux, merde. Je pose mon bordel dans la cabine, je me tiens face à elle, elle me mesure en cinq secondes. Il ne s’agit en rien d’une exagération de ma part, elle m’a vraiment mesurée en cinq secondes, peut-être quatre, même. Pas le temps de vérifier si le mètre était bien parallèle au sol, pas le temps de rien, en deux coups les gros ma ninja du soutif m’annonce que je fais du 85C. Le 90C a tendance à être trop juste et tu veux me mettre dans du 85C ? Et bien vas-y, vas-y, après tout Etam m’avait promis une révélation céleste sur mon tour de poitrine, alors c’est peut-être ça. La vendeuse me jette un regard inquiet : “Quel taille vous faites, habituellement ? Celui que vous portez là, c’est quelle taille par exemple ?”. Je lui réponds la vérité, à savoir que c’est du 30E mais que c’est une taille anglaise. Elle ne relève pas et m’annonce qu’elle part me chercher un 85C. “Je vous ramène n’importe lequel, hein, c’est juste pour voir la taille !” Elle revient avec un modèle que j’ai déjà chez moi (en 90C) (et qui ne me va pas) (il est à la fois trop petit est trop grand) (il a une forme incompatible avec ma forme de seins, mais comme elle ignore tout de la forme de mes seins, comment pourrait-elle le savoir ?), un noir basique avec une coque mais heureusement sans rembourrage. Rien qu’en le regardant, je sais que ça va pas être possible. J’essaie de le passer, il me faut bien une minute pour essayer de caser mes seins dedans, j’ai l’impression d’essayer de faire rentrer une orange dans un papier de bonbon. En me regardant dans le miroir, j’ai eu une crise de fou rire. Visuellement, le résultat était assez proche de ça. Tellement pas la bonne taille que ça en devenait ridicule. “Là, c’est le moment où vous réalisez que vous portez une mauvaise taille depuis des années”. En effet, oui, je réalise bien à quel point j’ai eu tort toutes ces années, maintenant je vais me comprimer dans de la lingerie trop petite et retrouver le droit chemin ! Je suis restée à rire bêtement dans la cabine plusieurs minutes en regardant mes seins déborder jusqu’au retour de la vendeuse (elle était sollicitée de toutes parts). Je ne suis pas habituellement du genre à exhiber mes seins, surtout aux vendeuses de lingerie inconnues, mais là je les lui ai flashés à la tronche, pour bien lui montrer l’intensité du vice qu’elle avait commis. Elle me regarde en souriant et donne son verdict : “C’est trop petit”. J’ouvre grand les yeux et la fixe, je lui réponds mon plus beau “Oui” à la façon de Didier Drogba. Elle me dit qu’elle m’amène le 85D. Le 85D est indubitablement meilleur, je peux mettre pratiquement tout ce que j’ai dedans et j’ai connu bien pire niveau maintien, mais c’est encore pas ça. Les problèmes sont toujours les mêmes : bande arrière qui tire toute seule vers le haut du dos, quadboob. C’est fatigant. Je décide d’arrêter les frais et de quitter le magasin, de toutes façons la vendeuse est débordée et ne remarque même pas mon départ.
Mais je m’en fiche parce que je pars en portant un soutien-gorge qui me va. Que je n’aurais jamais pu acheter chez eux.

Je ne sais pas vraiment quelle est la morale de cette histoire, si ce n’est qu’il ne faut SURTOUT PAS aller vous faire mesurer chez un grand distributeur comme Etam ou Darjeeling. Ces gens n’ont aucun intérêt à vous donner une taille qui vous va vraiment. Pour eux, il est bien plus simple de ne commercialiser que des tailles entre le A et le D et d’essayer de caser toutes les femmes dedans que de se faire chier à aller du bonnet A au bonnet L, voire au M. Ce n’est même pas une critique, je les comprends, les poitrines sont toutes différentes et essayer de réellement contenter tout le monde représenterait un investissement énorme. Ce qui est malhonnête, c’est de se faire passer pour un expert de la taille parfaite pour toutes les poitrines, fortes ou menues, et offrir aux clients un service aussi peu compétent. Si vous avez la chance d’avoir des boutiques de lingerie indépendantes près de chez vous, il sera sûrement plus profitable d’aller là-bas si vous espérez trouver quelqu’un de bon conseil. Ces boutiques commercialisent plusieurs marques et ont sûrement plus l’habitude de faire des ajustements selon la forme du bonnet, celle de vos seins et les standards divergents des fabricants. Sinon, parmi les magasins cités chez http://www.reddit.com/r/ABraThatFits/, certains livrent en France et sont moins chers que les boutiques physiques qu’on trouve ici. Mesurez-vous vous-mêmes, demandez conseil à des gens qui savent, informez-vous, ouvrez votre esprit. Si vous pensez avoir un souci de lingerie, ne déléguez pas le problème à une vendeuse de chez Etam, même si elle est gentille et qu’elle maîtrise des techniques ninja.